Si je devais justifier ma présence sur terre à Dieu, je lui dirai probablement que je veux pouvoir gouter à la fragilité de la vie, à ces choses éphémères et magnifiques qui font que tout est sensiblement plus beau, plus réel au cours de l'existence finie de l'humanité. Si j'étais immortel, je ne connaitrais pas le sens des pulsations de chaleur, de l'atmosphère légère ou encore de l'envoutement que mon coeur ressent à chaque respiration. Je ne saurais pas non plus quel effet cela fait d'entendre tomber la pluie, illuminée par les lumières d'une ville qui dort sagement de l'autre côté de la vitre.
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Aujourd'hui, allez savoir pourquoi, j'ai eu un creux, un vide, comme un fossé à l'intérieur. Vous savez, quand vous avez cette impression que quelque chose d'essentiel vous manque, comme quand vous sentez au fond de vous que vous avez encore faim parce que votre estomac n'est pas rempli. Vous savez ce que c'est que de ne pas parvenir à respirer à fond, et ce malgré vous, comme s'il manquait juste un peu d'air, une petite, une infime quantité d'oxygène. Au fond de moi, je sais que le manque me rongera jusqu'à ce que mes bras se resserrent enfin sur eux même et finissent par me dire que mon mur de merveilles respire enfin contre ma poitrine. Ca me fait penser à une de ces phrases de woody Allen:
« Tant que vous n'avez pas été embrassé par un de ces pluvieux après-midis parisiens, vous n'avez jamais été embrassé »
M ღ
Innocentsky






